Analyse | Six constats pour les deux premières semaines de la Super Ligue du Nord
Après deux semaines et cinq matchs, on s’amuse déjà bien à regarder la Super Ligue du Nord (SLN). Il s’est marqué des buts d’anthologie (on salue Latifah Abdu), des buts un peu étranges (on salue Kahli Johnson) et des buts qu’on n’attendait plus (on salue Desiree Scott). Des vedettes ont répondu à l’appel dans des moments clés, puis de jeunes talents nous ont donné le goût d’en voir plus. Il a fallu des mois, voire des années, pour construire une ligue. Mais on y joue enfin au soccer. Et parfois très bien, même. Ne reculant devant rien — surtout pas devant la taille de l’échantillon —, nous vous présentons un constat par équipe après les deux premières semaines de la SLN, dans l’ordre du classement actuel. Les Roses de Montréal ont gagné leurs deux premiers matchs de la saison de la SLN. Photo : Vancouver Rise FC / Jordan Leigh C’est la belle surprise du début de la saison : malgré un calendrier compliqué qui les envoyait chez leurs rivales annoncées de Toronto, puis jusqu’à Vancouver pour y affronter le Rise, les Roses ont six points au compteur. Les deux victoires ont été acquises bien différemment, mais une constante demeure : les Montréalaises déploient un effort physique considérable. La pression appliquée dans le tiers offensif pour récupérer le ballon donne des maux de tête à l’adversaire. Quand les joueuses démarrent, elles vont au bout de leur action, à l’image de cette impériale Hailey Whitaker contre le Rise, à point dans son tiers défensif et buteuse à l’autre bout. Les Roses ont gagné leur premier match au pic et à la pelle. Dans le second, elles ont ajouté une tenue de balle encourageante à cette ténacité. Et elles n’ont même pas encore joué chez elles. Le Rise de Vancouver a vaincu le Wild de Calgary 1-0 dans le premier match de la SLN. Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS A priori, Vancouver était l'une de ces équipes construites pour bien animer le jeu. Avec un moteur composé de Quinn et de Nikki Stanton, qui ont passé trois saisons ensemble à Seattle, le reste allait nécessairement suivre. Le Rise jouerait au ballon, mettrait l’adversaire en danger. Après deux rencontres, le Rise a marqué deux buts avec des tirs de pénalité. Son côté gauche si prometteur dans le premier match contre Calgary s’est fait beaucoup plus discret contre Montréal. L’ailière Holly Ward, sur ce flanc, pourrait encore devenir cette dynamo qui enflamme le bloc adverse. C’est d’ailleurs elle qui a poussé le Wild à la faute dans la surface. À 21 ans, elle fait cependant ses premiers pas dans le monde professionnel. Le Rise pourrait bien se rassurer lundi prochain contre les Tides, qui ont souffert dans les couloirs contre le Wild samedi. Un but ou deux dans le cours du jeu ferait le plus grand bien à l’équipe vancouvéroise. Pendant la nulle de 0-0 entre Montréal et Ottawa en match préparatoire, ça allait vite autour de Desiree Scott. À 37 ans, après une grave blessure au genou en 2022, de retour au jeu cette année après une retraite qui n’a pas duré deux mois… la capitaine du CF Rapide était au-dessus du lot sur le plan technique, mais elle semblait se ménager sur le plan physique. Force est d’admettre après le premier match d’Ottawa que l’entraîneuse Katrine Pedersen a entouré Scott de joueuses qui travaillent fort pour elle. Ellen Gibson, sa partenaire dans le cœur du jeu, a eu l’air d’avoir trois poumons à l’occasion. Derrière, les quatre défenseuses étaient bien engagées dans les duels. Résultat : Scott a pu s’impliquer à fond dans les moments cruciaux comme son tout premier but chez les professionnelles. Ne manquerait plus qu’elle marque lors de ses adieux à l’équipe nationale, le mois prochain. Meggie Dougherty Howard (à gauche) est dans le coeur du jeu du Wild de Calgary en ce début de saison. Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS Les joueuses du Wild n’auraient pas volé le point du verdict nul si elles avaient marqué à Vancouver, et c’est un peu beaucoup à cause de Meggie Dougherty Howard. La milieu de terrain américaine a affiché ses couleurs dans les 20 premières minutes contre le Rise en distillant quelques ballons dont n’ont pu profiter ses partenaires. Ça lui a valu la troisième étoile de la semaine dans la SLN. Dougherty Howard a enchaîné de belle façon en marquant contre Halifax. Elle a été de plusieurs bons coups, et c’est elle qui touche le plus de ballons dans le cœur du jeu de Calgary. À 29 ans, elle a peut-être retrouvé le niveau de sa meilleure saison en NWSL. Elle avait inscrit 3 buts et 2 aides en un peu plus de 1000 minutes pour le Pride d’Orlando en 2022. Deux matchs, deux revers pour l’AFC Toronto. Exactement comme tout le monde l’avait prévu! Kaylee Hunter (à l'avant) a marqué le tout premier but de l'AFC Toronto dans sa défaite de 2-1 à Ottawa. Photo : CREO Visions/AFC Toronto Ce n’est pas comme si Toronto jouait particulièrement mal. Aucune autre équipe ne touche davantage au ballon. Les Torontoises ont tenté et ont cadré plus de tirs que quiconque. L’entraîneur Marko Milanovic s’est permis de déclarer après la défaite à Ottawa que c’était le genre de performance qu’il voulait voir son groupe répéter cette saison. Or, il y a de la maladresse dans le dernier tiers, et on a déjà gaspillé trop d’occasions pour une équipe dont la construction d’effectif suggérait qu’on visait le haut du tableau. L’attaquante de 17 ans Kaylee Hunter est montée deux fois au jeu comme remplaçante et a même inscrit le tout premier but de l’AFC Toronto, dimanche, à Ottawa. Sa fougue et son audace, dès le départ du prochain match contre Calgary jeudi, pourraient faire un bien fou à l’équipe de la Ville Reine. Amorcer son parcours dans la SLN en accordant trois buts à l’adversaire en moins d’une demi-heure, c’est déjà regrettable. Un trio de phases arrêtées ratées donne l’impression qu’un gros chantier attend l’entraîneur Lewis Page à Halifax. Samedi, la défense des Tides s’est endormie dès la deuxième minute après un coup franc joué par terre. Taegan Stewart a mis le ballon directement sur la tête de Meikayla Moore au second poteau, certes, mais Moore est l’une des trois joueuses laissées tout à fait sans surveillance, avec Sarah Griffith et Kahli Johnson. Le deuxième but est chanceux, mais il part néanmoins d’un coup de pied de coin dégagé approximativement. L’histoire se répète pour le troisième, mais remplacez Le Wild aura au moins eu la bonté de faire preuve de la même générosité quand Marika Guay a inscrit le seul but des Tides après un coup de pied de coin.
Roses de Montréal : 2-0-0, 6 pts (TOR 0-1 MTL le 19 avril, VAN 1-3 MTL le 27 avril)
Des Roses en forme

Rise de Vancouver : 1-1-0, 3 pts (VAN 1-0 CAL le 16 avril, VAN 1-3 MTL le 27 avril)
Des difficultés de plein jeu
CF Rapide d’Ottawa : 1-0-0, 3 pts (OTT 2-1 TOR le 27 avril)
Desiree Scott et son entourage

Wild de Calgary : 1-1-0, 3 pts (VAN 1-0 CAL le 16 avril, HFX 1-4 CAL le 26 avril)
L’omniprésence de Meggie Dougherty Howard
AFC Toronto : 0-2-0, 0 pt (TOR 0-1 MTL le 19 avril, OTT 2-1 TOR le 27 avril)
Le temps de lancer Kaylee Hunter dans la mêlée?

Tides d’Halifax : 0-1-0, 0 pt (HFX 1-4 CAL le 26 avril)
Déroute sur phases arrêtées défensives
coup de pied de coin
par coup franc
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